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Une aimable médiation

Lorsque l’on regarde les points de vue sur la médiation, on peut remarquer que certains disent qu’elle est efficace quand d’autres soutiennent le fait qu’elle ne l’est pas. Un  article récent montre le point de vue d’un avocat dont le métier l’oriente naturellement vers l’adversité pour faire gagner SON client.

Catherine Perelmutter  avocate au barreau de Paris « La médiation familiale est un mode amiable de règlement des différends familiaux qui se déroule avec l'aide d'un médiateur. »

Rien que la définition est étonnante.  Je l’ai souvent entendue, la médiation … un mode de règlement amiable. Si ‘l’on considère l’étymologie du mot amiable, du latin amicabilis (amical), qui se fait par les voies de la douceur, et si l’on regarde plus largement les synonymes on trouve : amical, affable, affectueux, aimable, bienveillant, chaleureux, cordial, avenant, sympathique, ... alors tout est clair. Partant de ce postulat les médiateurs « non » professionnels arrivent à la conclusion rapide et logique que …

 « La médiation familiale suppose une certaine ouverture, une capacité de remettre en cause et d'évoluer, ce qui ne convient pas souvent aux personnalités rigides. Elle peut être efficace si elle est acceptée par les deux parents. »

Ce qui veut dire en clair que le médiateur ne peut rien si les protagonistes ne sont pas souples et aimables. Je ne sais pas vous, mais de mon côté j’ai rarement vu des personnes en conflit  arriver en médiation avec une posture aimable, cordiale, avenante ou même en sympathie envers l’autre partie.

Du coup selon ce postulat, cela induit très rapidement que la médiation ne sert à rien … sauf dans les cas où les protagonistes sont volontaires et en «bonnes dispositions » pour régler leur conflit.

Autant dire que c’est rarement le cas, pour ne pas dire jamais ! Et si toutefois c’est le cas, l’affaire est réglée en quelques heures. Par ailleurs, si le médiateur pense qu’il  a peu ou pas de chance de parvenir à un résultat, autant faire un autre métier. En l’absence de « bonne volonté »  il vaudrait donc mieux continuer le combat par la voie judiciaire et détruire l’autre pour sa propre survie. Et c’est bien le travail de l’avocat que de faire gagner la partie qu’il défend. Difficile avec ce postulat de s’orienter vers la médiation.

Évidemment les médiateurs professionnels ont un autre point de vue. Ils ne vont pas considérer les personnes comme rigides ou peu ouvertes, car ils connaissent la mécanique inéluctable du conflit. Ils ne vont pas chercher à rendre sympathique l’un envers l’autre, ou bien fixer des règles  de cordialité ou de respect mutuel, ou demander le pardon ou l’excuse pour ce qu’ils ont produit comme comportements. Le médiateur professionnel va  travailler avec les personnes pour qu’ils lâchent leurs certitudes et leurs croyances. Il va les aider à regagner de la liberté de penser, faculté qu’ils ont perdue alors qu’ils sont embourbés dans le conflit, les rancœurs, les jugements et les prêts d’intentions.

Il ne faut pas s’y tromper,  pratiquer la médiation nécessite des apprentissages spécifiques afin que le médiateur puisse tenir un rôle autre que celui de spectateur de l’impuissance des personnes à résoudre leur différend. Il va s'attacher à les impliquer pour qu’ils puissent trouver l’issue qui sera acceptable pour les deux parties en dehors de toute contrainte. Le médiateur professionnel s’applique à dérouler un processus structuré qu’il apprend au cours de sa formation. Il apprend aussi à mettre en place sa posture d’impartialité, de neutralité, tout en étant influent sur le processus et non pas sur le résultat.

Le médiateur professionnel ne parle pas de règlement amiable, mais de mode alternatif de règlement du différend, voire de résolution des conflits. C’est déjà un point de vue très différent. Il se positionne en l’absence de tout jugement, de rappel à la morale, au bien ou au mal, ou au droit. il garantit cette posture à ses clients, par la stricte application du CODEOME (Code d’Éthique et de Déontologie de la médiation) de la profession, en assurant que s’il ne peut tenir sa posture il fera appel à un pair de la Chambre Professionnelle de la Médiation et de la Négociation (CPMN). Ainsi il va permettre à ses clients les moins persuadés que la médiation peut être efficace dans leur cas, de résoudre durablement leur différend.

Dans les entreprises les conflits aussi font rage. La pression exercée sur celles-ci et la répercussion sur les salariés ne permettent plus aux personnes de trouver les moyens de réguler leurs relations. soumis aux mêmes pressions les acteurs internes peinent à résoudre les conflits. Ils se retrouvent impuissants à réguler des comportements, ils s’enlisent, multiplient les tentatives sans y parvenir, jusqu’au moment ou plus personne ne sait faire face. Le Médiateur professionnel est alors une solution qui permet aux parties de retrouver un apaisement dans les relations. .. Encore faut-il en trouver un.

Deux formations existent  aujourd’hui :

Le CAP’M dispensée par l’EPMN en lien avec la chambre professionnelle (CPMN) et tout récemment un Master de management des ressources humaines et de médiation professionnelle (MRH-MP )

Et les médiateurs professionnels sont présents en France métropolitaine, dans les Dom Tom, en Afrique et au Magreb

Extrait de Médiation et co-parentalité en cas de divorce : quand les principes ne résistent pas à la réalité par Catherine Perelmutter .

http://www.atlantico.fr/decryptage/mediation-et-co-parentalite-en-cas-divorce-quand-principes-ne-resistent-pas-realite-catherine-perelmutter-1057987.html

les médiateurs Vs Avocat
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